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"La ronde des élus"

 

 

 

 

 

 

Bibliographie:

 > Donner sans blesser,
Vincent Laupies,
 > Peut-on donner sans condition ? G.Comeau,
> L’esprit du don,
Jacques T. Godbout,
 > Le Don - Amitié
et paternité, Paul Gilbert et Silvano Petrosino

 

 

 

 

 

 

Donner


Méditations d’Avent 2012 (année c)

1er dimanche de L’Avent, 2 décembre 2012 :

« Donner »

Je suis fascinée depuis longtemps par un détail du jugement dernier de Fra Angelico, appelé communément « la ronde des élus ». Nous y voyons Marie, entraînant une longue farandole de personnages de tous âges et de toutes conditions. Nous pourrions croire que Marie est à l’origine du mouvement si nous ne prenions garde au personnage qui lui fait face à contredanse : l’ange.
Veillez L’envoyé de Dieu donne à Marie le rythme qu’elle imprime à toute la farandole et celle-ci constitue comme une réponse à l’appel de l’ange. À travers ce détail, Fra Angelico nous donne à contempler la danse du don où donner, recevoir et rendre s’entremêlent en un même mouvement ondulant.

L’ange donne le tempo par sa salutation « Réjouis-toi, comblée de grâce, le Seigneur est avec toi. » (Lc 1, 28). Le premier don de Dieu c’est la joie qui provoque la danse. Faire l’expérience de la présence de Dieu dans notre vie nous ouvre à la joie : joie d’être aimé, reconnu, attendu. Cette conviction de foi en la bienveillance originelle de Dieu provoque notre espérance (nous pouvons, comme Marie, nous reconnaître comblés de grâce, de faveur divine), suscite notre foi (la présence de Dieu habite notre vie malgré les apparences parfois contraires), et stimule notre charité (le don invite à donner à son tour).

« Pour le judaïsme, la quintessence de l’amour de Dieu envers les hommes se traduit non par le fait qu’il leur octroie gracieusement la vie et l’esprit mais par l’opportunité qu’il leur offre de conquérir leur dignité, de mériter leur existence par ce qu’ils vont en faire » (Geneviève Comeau, « Peut-on donner sans condition ? »
Le don de Dieu n’est pas un cadeau tout fait qu’il n’y aurait plus qu’à déballer ; c’est un cadeau à faire, une aventure à vivre avec lui. « Voici que tu vas être enceinte, tu enfanteras un fils et tu lui donneras le nom de Jésus. » (Lc 1, 31). Marie n’est pas la première à qui Dieu fait don d’une telle promesse. Déjà le Seigneur avait fait éclater sa miséricorde envers Sara (Gn 18, 14), la femme de Manoah (Jg 13, 2-4), Anne (1 S 1) et Élisabeth (Lc 1, 24-25). Le don nous fait entrer dans une histoire qui nous précède. Il nous permet de poursuivre cette histoire en y prenant notre place. Le don est créateur de liens qui nous dépassent et nous relient à d’autres et à l’Autre tout à la fois.

Un don est gratuit au sens où, au moment où il est fait, il ne résulte pas d’un calcul. Dieu donne gratuitement et librement quelque chose d’inattendu. Rien ne justifie son geste, sinon son amour : « Tu… enfanteras un fils… Il sera… appelé Fils du Très Haut… Fils de Dieu. » (Lc 1, 31-32.35).

La réaction de Marie au don nous est proche. Elle ne dit pas oui immédiatement et aveuglément. « À cette parole, elle fut toute troublée… » (Lc 1, 29). Au premier abord, le don de Dieu nous suffoque. Nous nous en défendons. Le doute s’empare de nous : « Comment cela sera-t-il puisque je ne connais pas d’homme ? » Marie ne doute pas des paroles de l’ange. Mais il y a comme un étonnement, une surprise : « Suis-je bien la bonne personne ? Vais-je pouvoir/savoir faire fructifier ce don ? »

Nous nous fermons parfois aux appels, aux dons et aux promesses de Dieu par peur devant la grandeur, la merveille de ce qui nous est donné, oubliant que ce n’est pas nous qui faisons, mais Dieu avec nous. « L’Esprit Saint viendra sur toi et la puissance du Très Haut te couvrira de son ombre » (Lc 1, 35). Marie est appelée à la confiance et à se laisser faire. Jusqu’où consentons-nous à faire confiance et à nous laisser faire par Dieu et ses médiations (le frère, la sœur, les événements, la Parole) ?

« Je suis la servante du Seigneur ; qu’il m’advienne selon ta parole » (Lc 1, 38). Donner, c’est abandonner à l’autre quelque chose de soi sans retour. Marie est pétrie par l’histoire de l’Alliance où Dieu s’est risqué le premier. Sa foi se fonde sur celle de Dieu. Se rendant vulnérable, Dieu a pris le risque d’offrir sa confiance à l’humain. En se donnant lui-même, Dieu nous invite à la danse. À l’exemple de Marie, entrons dans la danse…

Sr Valérie, Paris

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